La France, un acteur essentiel du repeuplement

La France est le principal pays fournisseur de civelles à l’échelle de l’Union Européenne.

Elle réserve 60% de sa production pour permettre aux Etats membres de réaliser leur repeuplement. Chaque année, conformément aux objectifs du PGA, entre 5% et 10% de la production nationale est alevinée dans divers bassins hydrographiques de notre pays, sur la façade atlantique.

Depuis 2010, 14 tonnes de civelles, soit environ 45 millions d’alevins ont été déversés dans une dizaine de rivières, depuis la Région Artois Picardie jusqu’au bassin de l’Adour. Cela correspond à 45 projets sur 6 UGA (Unités de Gestion de l’Anguille) pratiquant le repeuplement.

L’exigence d’un suivi scientifique rigoureux

Sous l’autorité du MNHN puis de l’Office Français pour la biodiversité (OFB), un protocole scientifique encadre les actions de repeuplement. Il est en effet indispensable de suivre toutes les phases du programme pour évaluer le gain apporté par ces actions.

Pour cela, 30% des civelles alevinées sont marquées avec un colorant interne (alizarine). A des intervalles réguliers (6 mois, 1 an et 3 ans après le déversement), les anguilles sont recherchées par pêches électriques ou aux verveux (un engin de pêche).

Les étapes du repeuplement

  • Etape 1 : Sélection, par le comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI), des zones favorables à l’espèce.
  • Etape 2 : Sélection chaque année des porteurs de projets suite à l’appel à projets pour le repeuplement de l’anguille lancé par la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation) en collaboration avec la Direction de l’Eau et de la Biodiversité (Ministère de la transition écologique et solidaire). Dans le comité de sélection, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et le Muséum National d’Histoires Naturelles (MNHN) sont également associés.
  • Etape 2 : Sélection des mareyeurs par les porteurs de projets avec un cahier des charges strict (imposé dans l’appel à projet)
  • Etape 3 : Collectes des lots (sur 5 à jours) réalisées par des pêcheurs marins et fluviaux, grâce à leur connaissance du terrain et de l’espèce
  • Etape 4 : La vérification de la qualité sanitaire des civelles (lésions, parasites, virus…) qui sera déterminante pour la réussite du programme.
  • Etape 5 : Le marquage des otolithes (pièces osseuses) qui permettra de suivre les civelles alevinées pendant plusieurs années.
  • Etape 6 : Le conditionnement et le transport des civelles sont réalisés par des mareyeurs agréés pour optimiser leurs survies.
  • Etape 7 : Après acclimatation au milieu récepteur, le déversement des civelles est réalisé à pied ou en bateau.
  • Etape 8 : Un suivi scientifique rigoureux est réalisé 6 mois, 1 an et 3 ans après le déversement, par pêche aux verveux, pêche électrique ou flottang, afin d’évaluer l’efficacité du repeuplement.