De nombreuses menaces pèsent sur l’anguille et ont provoqué son déclin

Le déclin de l’espèce, autrefois très abondante dans toutes les rivières d’Europe, a commencé à se faire sentir au début des années 80. Il est lié à de nombreux facteurs de mortalité d’origine marine et continentale. Le stock est aujourd’hui dans un état critique, considéré en dehors de ses limites de sécurité biologiques. Depuis 2009, l’anguille est classée à l’annexe II de la Convention de Washington (CITES), une convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

L’anguille européenne est une espèce migratrice très dépendante de la continuité de son écosystème. En déclin depuis plusieurs années, elle est menacée par de multiples facteurs de mortalité notamment la dégradation de son habitat : la fragmentation des rivières (barrages, ouvrages hydroélectriques…), la disparition des zones humides, les pollutions de l’eau (polluants chimiques, perturbateurs endocriniens,…), le parasitisme (notamment Angullicola crassus), le turbinage, la prédation (notamment le cormoran et le silure). De plus d’autres facteurs contribuent à fragiliser le stock d’anguille comme le braconnage, l’introduction du silure (espèce prédatrice envahissante) ainsi que la pêche professionnelle et de loisir. Certaines de ces causes sont amplifiées par d’autres et des effets cumulatifs synergiques sont possibles.

Continuité écologique

Les premières causes de régression des populations sont la fragmentation des cours d’eau, l’artificialisation et la dégradation des habitats, avec une accélération au long du XXe siècle. Les barrages, seuils de toute nature, de plus en plus nombreux sur les cours d’eau, notamment les grands ouvrages hydroélectriques infranchissables édifiés à partir de la fin du XIXe siècle, ont réduit l’accès aux zones de grossissement des jeunes anguilles.

Il faut y ajouter la disparition progressive des zones humides (prairies, marais, lagunes littorales) liée à l’urbanisation et à la modification des pratiques agricoles.

Qualité de l’eau

La dégradation continue de la qualité de l’eau par des polluants chimiques divers, qu’ils soient ou non qualifiés de perturbateurs endocriniens (PCB, pesticides, métaux lourds), les maladies et le parasitisme (notamment Angullicola crassus) affectent également l’anguille davantage ces dernières années.

Il est également fort probable que les changements climatiques (augmentation de température de l’eau, modifications des courants…) en cours affectent le stade larvaire dans sa partie marine, même si ces impacts restent difficiles à qualifier dans en milieu ouvert, d’autant que la reproduction de ce poisson reste encore mal connue.

Exploitation de l’espèce

La pêche professionnelle et de loisir, ainsi que le braconnage sont autant de facteurs qui ont fragilisé ce stock.

La pêche professionnelle est aujourd’hui assujettie à des mesures d’encadrement fortes et l’activité est contrôlée et régulée en fonction des évaluations de stocks réalisés par les scientifiques. Ce n’est toujours pas le cas de la pêche de loisir qui n’a pas même pas l’obligation de déclarée ces captures.

Prédation des silures

Pour finir, le silure, espèce introduite envahissante selon le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), l’arrivée du dérèglement climatique, qui modifie les courants océaniques et perturbe le régime des fleuves et rivières ont contribué à un déclin massif des populations.