Le repeuplement : des transferts de civelles sur des secteurs favorables

Le repeuplement est en fait un transfert des jeunes anguilles, les civelles, des zones estuariennes vers les sites d’accueil, les habitats les plus favorables.

Ce transfert, fruit d’une étroite coopération entre pêcheurs, mareyeurs, scientifiques et services de l’État évite les mortalités liées à la migration. En activant des zones aux sources de mortalité réduite, le repeuplement doit permettre un bénéfice supérieur à la colonisation naturelle. Le but est de contribuer à augmenter le nombre de géniteurs sains qui regagnent la mer, le temps que les milieux et la qualité de l’eau soient restaurés. Le repeuplement, qui est pratiqué depuis des décennies dans les pays du nord de l’Europe, est accompagné d’un suivi scientifique rigoureux en France.

Le repeuplement, la solution d’urgence, le temps de restaurer les milieux aquatiques

Les actions de restauration des habitats et de la continuité écologique, d’amélioration de la qualité de l’eau, en accord avec la Directive Cadre sur l’Eau de 2000 sont à mener de manière impérative et ambitieuse, sur le long terme. En attendant que ces mesures soient pleinement efficaces, le soutien des populations, avec le savoir-faire des pêcheurs professionnels, l’appui des scientifiques et de la société civile est indispensable pour enrayer le déclin de l’espèce.

Parmi les mesures de gestion devant permettre de renverser le déclin de l’espèce et contribuer à la reconstitution du stock, le repeuplement (ou transfert d’anguilles) en Europe consiste à aleviner des milieux naturels en bon état écologique, ayant des potentialités d’accueil et de croissance sous-utilisées naturellement par l’espèce (zones vierges ou « sous-densitaires » d’anguilles) et assurant un taux de survie optimal des poissons jusqu’à leur retour en mer (sources de mortalités réduites).

Le repeuplement d’anguilles : une mesure de gestion nécessaire en Europe et en France

Le repeuplement demeure :

– une obligation européenne : le règlement CE n°1100/2007 impose aux pays de l’UE, de réserver 60 % de leurs productions civelières à des fins de repeuplement dans les eaux européennes ;

– un engagement national : le plan français de gestion de l’anguille (PGA), prévoit de réserver entre 5 et 10 % de la production nationale civelière au repeuplement sur les bassins versants français.

– une mesure d’urgence en attendant que les solutions à plus long terme prennent pleine mesure de leur efficacité.

Un Règlement Européen et un Plan de Gestion de l’Anguille Français au service de la restauration

 

En 2007, le Conseil des ministres de l’Union Européenne a adopté le Règlement CE 1100/2007 qui institue des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Il impose à chaque Etat membre l’élaboration d’un plan de gestion. Le Plan de Gestion de l’Anguille (PGA) français, approuvé par l’Europe en 2010, vise à agir sur 5 axes : lutter contre le braconnage ; améliorer la continuité écologique ; réduire la pression de pêche, diminuer les pollutions et mettre en place le repeuplement.